Oh my God ! They killed Kenny !

I. Pourquoi Slamolo n’est pas humaniste.

Photo : Auteur-chéri-de-mon-coeur.


Nous étudions l'humanisme. Notre professeur de littérature française dit qu'on devrait tous être humanistes. Voiçi un texte qui résume parfaitement le fait que je ne le suis pas et pourquoi je ne le serai jamais, bien que j'aime lire Rabelais (on dirait du San Antonio !!).

Extrait du Dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis :

Eluard : (Christian, Baptiste, Paul), dit Cricri. Fils caché de Paul, Cricri Eluard doit aujourd'hui encore à la notoriété de son père d'être resté dans l'ombre, bien qu'il habite Nice, plein sud, face au goudron.
Elevé au sein par une nourrice dubitative qu'il tétait d'ailleurs de droite et de gauche, Cricri Eluard voulut dès son plus jeune âge se séparer de l'étiquette surréalisto-communiste attachée au nom paternel et n'a jamais montré qu'un intérêt poli envers le martyre, le don de soi, le sacrifice au drapeau et les beuveries cosmopolites populacières des anniversaires du Débarquement.
Des écrits de Cricri, peu méritent d'être cités dans le présent ouvrage. Nous leur préférerons cette admirable page de Paul Eluard. Ami lecteur, Si tu la connais, tu m'arrêtes (cette demande parce que le poème a été lu une première fois dans une Chronque de la Haine Ordinaire).

Sur le collier du chien que tu laisses au mois d'août
Sur la vulgarité de tes concours de pets
Sur l'étendard nazi et sur le drapeau rouge
Sur la rosette au coin du vieillard officiel
Sur les blousons kaki, sur les képis dorés
Sur le cul blanc des féministes
Sur le mandrin des misogynes
Sur le béret obtus des chauvins aveuglés
Sur la croix des cathos, le croâ des athées
Sur tous les bulletins et sur toutes les urnes
Où les crétins votants vont se faire entuber
Sur l'espoir en la gauche
Sur la gourmette en or de mon coiffeur de droite
Sur la couenne des connes aplaties sur les plages
Sur l'asphalte encombré de cercueils à roulettes
Sur les flancs blancs d'acier des bombes à neutron
Que tu t'offres à prix d'or sur tes impôts forcés
Sur la sébile humiliante et dérisoire
Qu'il faut tendre pourtant à tous les carrefours
Pour aider à freiner l'ardeur des métastases
Sur le mur de la honte et sur les barbelés
Sur les fronts dégarnis des commémorateurs
Pleurant au cimetière qu'ils ont eux-mêmes empli
Sur le petit écran qui bave encore plus blanc
Sur l'encéphalogramme éternellement plat
Des musclés, des Miss France et des publicitaires
Sur l'étendard vainqueur de la médiocrité
Qui flotte sur les ondes hélas abandonnées
Aux moins méritants des handicapés mentaux
Sur la Bible et sur Mein Kampf
Sur le Coran frénétique
Sur le missel des marxistes
Sur les choux-fleurs en trop balancés aux ordures
Quand les enfants d'Afrique écartelés de faim
Savent que tu t'empiffres à mourir éclaté
Sur le nuage
Sur la lune
Sur le soleil atomique
Sur le cahier d'écolier de mes enfants irradiés
J'écris ton nom
HOMME.

II. Présentation des auteurs de Vermillon.

 

Nous nous sommes connus il y a 624 ans, « mais selon le calendrier de nos connards de parents », il y a trois ans. C’était une magnifique nuit de lune gibbeuse comme la cuisse d’un veau de lait qu’on aurait mit cinq ans durant dans une boîte de bouffe pour chat afin qu’il garde sa blancheur immaculée (On préférera dire « je me suis fait mettre »).

Les chauves-souris froufroutaient dans le crépuscule rougeoyant comme les ultimes heurts d’un cœur palpitant, crevant des souffrances de la gangrène due à un panaris tenu d’un canari qui aurait mal coupé ses ongles orteilliers. Le hasard voulait que nous nous soyons croisés dans le cul de la même vache, ce qui nous prit d’amitié –en tout cas de camaraderie- l’un pour l’autre, ayant en commun cette merdique situation (Mouahaha.)

En fait, on a un peu arrangé l’histoire, puisqu’on s’est rencontrés dans le cul d’une pigeonne obèse, incontinente de surcroît.


Bon, on arrête les frais, le quota de pourriteries étant dépassé.

Kenneth montait une montée, vers son chez-moi. Joey descendait la montée, vers Kenneth, accompagné de camarades de Kenneth qui ont passé leur examen de passage au lycée avec Joey, mais Joey ne connaissait pas Kenneth, et inversement. Ainsi, ils se sont connus. Joey a demandé à Kenneth de manger avec lui à midi, Kenneth lui a dit qui préférait manger chez sa môman au lieu de la m… servie -contre quelques feuilles vertes qui ne se fument pas, à moins d’en avoir beaucoup- au fast-food du coin. Ainsi naquit Vermillon, beaucoup plus tard.

En vérité, Joey est le nom de la guitare de l’un, Kenneth de celle de l’autre. La première est noire avec des cordes métalliques, hérésie pour Kenneth qui est une Andalouse typique. C’est par souci de respect des modalités imposées par l’Union Européenne lors du traité signé le 07 février 1992 à Liestal en Suisse Helvétique que nous ne dévoilons pas nos prénoms respectifs, ni nos âges, ni toute autre information pouvant nous faire connaître physiquement par qui que ce soit.

Il a été aussi décidé, mais cette fois par nous le 09 novembre 2005 dans la rue face au bureau-tabac, que Kenneth s’occupe de la partie « cul turelle » du blog, Joey de la partie « conne » du même blog. On ne garantit tout de même pas un respect scrupuleux d’aucune règle, car nous n’avons pas de maître, mais, contrairement aux Anarchistes pleins de jus d’orge et de houblons, nous vénérons Satin, notre dieu à la peau douce, ce blog étant dédié ad majorem Satana gloriam, amen. D’ailleurs : spéciale dédicace pour lui !

 

Photo : Nôtre Vache qui l'a dans le c.. ! (en fait, c'est une insémination artificielle - dingue tout ce qu'on peut trouver comme images sur le net !)

III. Souvenirs d'un temps passé

le 17/11/2005 à 15h39

III. Souvenirs d’un temps passé.

Photo : Trouvée sur Groogle, cette photo représente ce qu'elle montre.

 

Avez-vous déjà rencontré un gothique ? Personnellement, nous en connûmes. De différents bords et de différents styles, ils avaient en commun de se réclamer de la « gothik waï of life. »


Il y avait celui qui se prenait pour Le Maître du monde, devant lequel les pauvres cloportes que nous étions devaient s’agenouiller et baiser les orteils. Il a un air sombre et regarde ses seuls contacts humains (c’est-à-dire le reste de la bande) avec dédain et supériorité, genre « j’me demande ce que je fous avec vous, bande de c… » C’était un optimiste qui avait de l’expérience. Les autres l’admiraient et trouvaient qu’il méritait son statut, étant, évidemment, « un vrai true gothik » agissant comme tel.

Ses moindres mouvements étaient particulièrement suivis de près par La GothoPouffe de service qui « kiffe grave les blonds. » Evidemment, elle était « amoureuse de lui en secret –pa’cque c’est romantik- (définition : un secret est une informarion qu’on ne divulgue qu’à une personne à la fois) », mais depuis quand est-ce qu’une gothopouffe sait ce qu’est un secret ? Ah, c’est pas le truc qu’il faut répéter à tout le monde sans se faire prendre ??? Rôôô bouleeette…

En plus, il y avait La Romantique, qui adore raconter la fois où elle a passé trois heures au Père Lachaise à errer entre tombes et bouquets de chrysanthèmes, à essayer de trouver sur les épitaphes la date de décès la plus éloignée, accompagnée d’ « une bande que j’ai rencontrée dans une boîte goth !! » (on te laisse entrer quand t’as 13 ans ? Même et demi ?)


Le sk8ter est un gars « cool » qui fait des sports de « ouf » (genre Tony Hawk sur PS2 ou Counter Strike sur PC quand il a vraiment les boules) et traîne avec la bande parce qu’il écoute Slipknot comme la GothoPouffe. D’ailleurs, au début c’était juste pour la pister qu’il s’y est mit, mais comme elle a son « beau ténébreux » (elle a lu cette expression dans un « Arlequin »), il a lâché l’affaire et sort avec La Romantique. Elle rentre dans le jeu du sk8ter en faisant comme s’elle sortait avec lui, mais elle lui répète qu’elle cherche « le mec idéal », qui n’est évidemment pas Le sk8ter. Lui, s’en fout et la peloter lui suffit parce que « c’est une bombe, c’te meuf ! »


Quant à nous, on ne faisait pas partie de leur joyeuse bande, mais avec le recul des ans, je pense qu’eux le croyaient. On était pour eux « des grands métalleux » parce qu’on savait, par exemple, que le chanteur de Queen s’appelait Freddie Mercury ou que Kurt Cobain a été retrouvé mort le 8 avril 1994. Pas la peine de leur expliquer qu’avoir des savoirs de ce genre relève d’un truc qu’on appelle communément « la culture générale », on déjà essayé plusieurs fois, sans succès ; Tant pis.


Contrairement à nous deux, La Grunge voulait fréquenter le groupe, mais ils estimaient qu’elle n’était pas assez « true » pour eux, ses Converse bleues ridicules, son air « je n’ai pas dormi de la nuit » trop négligé. Elle se faisait jeter, mais quand ils ont su qu’elle était accro à la cocaïne, ils l’ont trouvée d’un coup « cool » et s’en font une amie imaginaire, mais c’est trop tard et les parents de La Grunge ont déjà déménagé vers un appartement plus proche du centre de désintoxication où elle est admise.


Heureusement, nous n’avons pas traîné plus d’un an avec eux, et vous remarquez qu’on respecte plus-ou-moins grammaire et syntaxe françaises, avec quelques fautes et quelques fantaisies par-ci, par-là. Sachez qu’un Gothique commun écrit constamment en SMS, quoique vous pourriez trouver un individu qui lit des livres, objet inconnu à la première catégorie, mais les ouvrages constituant sa bibliothèque sont de Baudelaire –qui n’a écrit qu’un seul livre, Les Fleurs du Mal- et d’Anne Rice, éventuellement et régulièrement Elegy s'il habite en région parisienne. Nous préférons ce personnage qui, généralement, a un certain sens critique et est un peu moins borné, mais est-ce qu’à long terme le gothique sans-options change et se trouve transformé en une personne « normale » moyenne, sa « life de gothik » se trouvant être qu’une simple crise d’adolescence ? Là, nous sommes cois et bien qu’un Homme reste un Homme, la race humaine est tellement diversifiée et les individus uniques, qu’on ne va pas amener nos c… et les poser sur la table à manger en donnant une règle applicable à tout le monde. Il en faudrait 6,3 milliards, de règles.

IV. Une vie, des bulles.

le 25/11/2005 à 15h32

IV. Une vie, des bulles.

Photo : Titeuf dessiné par Tardi ! (étonnement à la découverte de cette image !)

Nous sommes tous deux de ceux qui estiment qu’une vie sans bandes dessinées n’en est pas vraiment une. De préférence des drôles, nous n’apprécions pas au maximum les histoires épiques, les bédés-fleuves comme beaucoup de mangas, et les bédés de charme, complètement inutiles car étant simplement « jolies » à regarder, ce qui n’est pas suffisant. La BD se lit avant d’être vue et admirée pour le trait et les couleurs.


Nous préférons souvent le rire aux larmes (Beaumarchais, si tu me lis...). Des comics comme Les Simpsons nous satisfont. On peut aussi aimer lire une BD simplement pour rire, se sentir bien. On citera dans ce cas Le Petit (et le Grand) Spirou, Kid Paddle (amateurs du pseudo-gore et gamers d’arcades), L’élève Ducobu (pour le plaisir des mots et des jeux d’avec ceux-ci), Tintin et Astérix pour se rappeler la BD d’avant nous, de nos géniteurs; Raghnarok et La Rubrique Scientifique de Boulet (beau/drôle à voir et à lire), et Titeuf en ce qui concerne Joey, Kenneth n’ayant adhéré qu’au premier tome (Dieu, le sexe et les bretelles), mais aussi toutes les planches de Barks et de Don Rosa qui dessinèrent et le dernier dessine toujours les canards de Disney, quoiqu’ils n’aient pas grand chose avoir avec les ridicules dessins animés de La Bande à Picsou et autres navets. Picsou Magazine a d’ailleurs édité il y a quelques temps La Jeunesse de Picsou de Keno Don Rosa dans un hors-série à posséder absolument, génialement retraçant l’histoire du monde avec la vie du canard le plus riche du monde. Il y en a tant d’autres qui méritent aussi que vous jetiez un œil ou deux dessus, mais cette fois un peu plus que pour le rire parfois irréfléchi. Le Cri du Peuple de Vautrin et Tardi pour ceux qui seraient intéressés par la Commune de Paris. Quatre magnifiques albums que je conseille à la lecture. Pas spécialement drôle, mais ça reste intéressant d'avoir ce point de vue là sur l'histoire (des faits rigoureusement exacts mais une certaines subjectivité qui apparaît à la vision qu'ont scénariste et dessinateur des personnages - voir l'exemple de Louise Michel).

Nous ne résistons pas au plaisir que quelques parodie de célèbres textes en vers de Godi et Zidrou, l’un paru dans le Ducobu n°5, l’autre dans le n°7, malheureusement les seuls dans l’œuvre (en espérant qu’ils liront le blog et se décident à en faire d’autres !) Vous reconnaîtrez sûrement les originaux !

La corniaude et le roublard

Par Nénesse de la Fontanelle.


Maître Gratin sur un arbre perchée,

Tenait dans son bec une dictée.

Maître Ducobu, par les réponses alléché,

Lui tint à peu près ce phrasé :

« Eh bonjour, Mademoiselle l’intello.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez trop !

Sans mentir, si votre jactance

Se rapporte à votre science

Vous êtes la diva des zozos d’ici-bas. »

A ces mots, Léonie se sent gonflée d’orgueil

Et pour monter sa belle voix,

Elle ouvre un large bec et laisse tomber sa feuille.

Le roublard s’en saisit et dit : « Ma chère Voisine,

Apprenez que tout copieur

Vit aux dépens de celle qu’il embobine.

Cette leçon vaut bien une dictée, j’imagine. »

Léonie, honteuse et confuse,

Jura, mais un peu tard, ne plus mordre à la ruse.       


Le Cantique de Cantines


O vénéré cuistot,

Régnant sur vos fourneaux,

Vous, l’idole des cantines,

Régalez nos babines !

Donnez-nous, le lundi,

Un plat de spaghettis !

Le mardi, du poulet

Pour vos petits gourmets,

Mercredi, quel bonheur,

Un bon gros hamburger !

Jeudi, n’oubliez pas

C’est le jour des pizzas.

Que le vendredi vienne vite

Nous apporter ses frites

Coiffées de cette mayonnaise

Qui nous comble tant d’aise !

Si au menu s’égarent

Parfois des épinards,

Sachez, ô glorieux marmiton,

Que nous vous pardonnons.

Car, l’œil polisson

Et la salière légère,

Vous êtes, de nos bedons,

Le fidèle Déméter !

Pour ces mets raffinés

Dont, à longueur de semaine

Nous nous délecterons,

Monsieur le cuisinier,

Du fond de nos bedaines

Nous vous remercions !

Le cuistot répond : n’essayez pas de m’avoir au sentiment et finissez vos choux de Bruxelles, Ducobu !

Un dernier pour la route !! Cette fois dans un gag. Un poème de Léonie Gratin, puis celui de Ducobu qui copie très mal sur sa voisine, mais n’est-il pas meilleur ? Comme par hasard, c’est bientôt les fêtes…

Léonie :

A l’approche de Noël,

J’ai comme une musique qui trotte dans ma tête.

La ville se fait plus belle.

Les rues prennent un air de pure fête.


Un épais manteau blanc

Couvre trottoirs et avenues

Pour la grande joie des enfants

Qui chantent la félicité revenue.


Les cloches qui sonnent, sonnent, sonnent

Et les flocons qui tourbillonnent

M’emplissent de joie, m’emplissent d’émoi.

Quand vient Noël, mon cœur bat comme un fou.


Ducobu :

A l’approche de Noël,

J’ai comme une migraine qui flotte dans ma tête.

La ville se fait poubelle.

Les rues prennent un air de pub’ bébête.


Un épais troupeau bêlant

Couvre trottoirs et avenues.

Pour la grande joie des commerçants

Qui chantent la prospérité revenue.

Ces cloches qui consomment, somment, somment

Et ce pognon qui tourbillonne

M’emplissent d’effroi, m’emplissent de « pouah ! »

Reviens, Noël ! Il sont devenus fous !

V. M’man et P’pa veulent pas que je publie ça…


Un journal algérien (El Watan) a fait part à ses lecteurs du premier novembre de cette année d’un fait divers qui a eu lieu dans la ville de Béjaïa (anciennement Bougie) : six personnes condamnées à des peines de trois et six mois de prison ferme pour « moquerie publique de la religion », c’est-à-dire avoir mangé de manière « ostentatoire » durant le mois de Ramadhan, comme le précisait la note émise par la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) la veille du saint mois, à savoir le 2 octobre. La défense n’a pu que plaider que la manière « ostentatoire » était irrecevable car la coupable action a été faite, dans le cas des deux arrestations, dans deux gargotes mais à rideaux baissés. Eh oui ! On ne peut pas faire grand chose quand le premier article d’une constitution est une citation d’un éminent homme, mais dites dans un temps et une situation autres : « l’Algérie est notre pays, l’arabe notre langue, l’Islam notre religion. »


VI. Petitesse de l'indivudu

le 04/12/2005 à 18h00

VI. Petitesse de l’individu.

 

Est-ce que vous vous êtes senti un jour minuscule, infiniment insignifiant ?

Quand vous regardez la ville en rentrant au port où du haut d’un bâtiment, quand vous sortez la tête de la voiture et que vous voyez l’immense bouchon de véhicules klaxonnants, quand vous rentrez dans un Virgin et que vous vous demandez combien de gens ont du participer à écrire, enregistrer, composer, filmer, photographier, traduire, éditer, apporter des cafés, compter l’argent de la recette, imprimer, graver, empaqueter, et je ne sais encore combien d’autres travaux et de vies pour que vous vous retrouviez simplement comme un gland devant cette masse de morts et de vivants présents par au moins une de leurs actions dans ce Virgin. Mais surtout la nuit, quand vous voyez toutes les lumières qui s’allument puis qui s’éteignent… et quand vous vous allongez sur une terrasse ou dans un champ que personne n’entretient, avec des trèfles qui poussent partout et qui forment un matelas éphémère qui meurt après que vous ayez appuyé de toute votre masse sur ces dizaines de plantes, vous sentez un léger frisson vous parcourant –c’est sans doute un effet de la bise soufflottant entre les orangers-, vous posez votre lourde tête pleine de vapeurs contre vos bras croisés eux-mêmes appuyés contre un arbre tendre, vous levez les yeux et voyez plein d’étoiles, vous repérez la petite et la grande ourses/casseroles, ensuite le nord, et vous vous souvenez des Rois Mages et de votre mère précisant qu’une c… a fait un carton avec une chanson de ce titre. Vous vous souvenez aussi de vos cours de science et des formats gigantesques de Jupiter, de Saturne et des autres, de toutes façons vous vous foutez des autres (pas trop profond) car ces deux sont les plus grosses. Vous les voyez d’ailleurs briller au coin d’un œil, c’est la lumière du Soleil qui fait qu’on peut les voir comme c’est le cas pour la Lune.


Mais vous redescendez sur Terre et vous re-retrouvez allongé, et trouvez que c’est quand même vachement beau, tout ça, sans s’encombrer de connaissances inutiles, parce que, soyons réalistes, vous ne mettrez jamais les pieds sur Mars (peut-être vos cendres si quelque de vos descendants viendrait à faire le voyage), encore moins sur Jupiter, mais c’est parce que c’est une boule de gaz. Vous remarquez que, quand même, la nature tourne super bien, le cycle du carbone et toutes ces conneries ; C’est finalement comme une montre suisse ou une horloge atomique ; mais a-t-elle un horloger ? Sachez que ce n’est pas ma pauvre personne qui vous rendra réponse, on a au fil du temps (vainement, me direz-vous) tenté d’apporter de l’eau au moulin, mais j’ai personnellement pensé depuis ma plus tendre enfance que le monde était une expérience, qu’il y avait un être très grand qui mettait le monde dans une petite (par rapport à lui) boîte et qu’il faisait des essais pour voir ce qu’il adviendrait de sa préparation. Et plus j’avançais dans le temps (plutôt que le temps avançait sur moi), plus je me convenais de cette hypothèse sensée à l’origine me donner confiance en Dieu, ce dernier me faisant peur, ayant l’impression, à cinq ans, qu’il débarquerait un jour m’écraser sous ses grosses chaussures alors que je tiens la main de mon père. C’est tout de même une évolution : je croyais à trois ans que Dieu était un fantôme qui vivait la nuit dans un couloir chez moi. Puis, évidemment, avec les cours d’éducation religieuse à sept ans, j’ai su ce qu’était Dieu, et je pense même que j’y ai cru un assez long moment. Mais je ne sais quand, je me suis dit : Est-ce que je « sens » la présence d’un unique être supérieur qui fait que j’agis selon sa volonté, qui me châtierait ou récompenserait pour avoir agit comme le pantin que je dois être ? Comme je n’ai rien senti, j’ai fait confiance à mes sens faillibles et ai décidé que j’allais vivre simplement comme un être humain de mon temps, que j’allais essayer de faire ce qui me semble être « bien ». Je crois en ma capacité à me contrôler suffisamment ma personne pour que les autres puissent profiter de la leur, de vie, même s’ils ne me respectent pas toujours. S’arranger au maximum pour avoir le moins de contraintes possibles, avancer au plus près de la satisfaction de faire les choses, y prendre un maximum de plaisir. Quand il n’y en a plus, si tant est que ce moment arrive, la « vie » devra m’être ôtée, je n’attendrai pas et le ferai de mes mains.

Ma vie à une valeur. Je ne sais laquelle, mais ce n’est pas parce que je crois fermement que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme que je dois considérer simplement que mourir est une destinée, une raison de vivre. C’est quelque part le cas, mais quelques sentiments me rattachent à la vie et je m’en satisfait pleinement. Mon corps, nos corps à tous, ne sont pas si insignifiants que ça : j’existe et pense, c’est déjà pas mal. Bien que certains considèrent la pensée comme une simplement complexe réaction chimique, un épiphénomène, et comme depuis Félix Le Dantec on n’en sait toujours pas plus (c’est-à-dire rien), j’évite – en tout cas essaye – de trop penser à ça, essaye de vivre et de continuer à se poser les bonnes questions, ne pas se frustrer à cause de quelques unes d'entre-elles sans réponse...

(Note : J'ai découvert, vers le mois d'avril 2006, sur atheisme.free.fr, que les gens qui pensent comme moi sont des Agnostiques.)

Il paraît que Mahomet a trouvé Dieu (plutôt que Dieu à travers Gabriel a trouvé Mahomet) en regardant les étoiles une nuit de 27 Ramadhan.

Vous êtes encore en train de regarder le ciel, vous vous dites que la vie vaut le coup rien que pour prendre du plaisir à être ici et à se rappeler des souvenirs de nuits comme celle-ci. Vous voyez une dernière fois l’Aimé dans vos pensées et vous vous levez vous coucher en oubliant que mon corps se consumerait à peine approché de ce qui fait que je vis -cette étoile diurne- et que vous pouvez, petits chançards, me lire.

Slamolo alias Kenneth.

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